« Quelqu’un finira bien par découvrir ceci un jour ou l’autre. Cela me semble d’autant plus probable qu’il est tout à fait dans la nature humaine d’ouvrir un cahier marqué JOURNAL INTIME, […]. Alors oui, cette histoire sera probablement lue. La vraie question, cependant est de savoir si on me croira. Très certainement pas, mais c’est sans importance. Ce qui m’intéresse n’est pas d’être cru mais d’être libre. Et j’ai découvert qu’écrire pouvait donner ça, la liberté. »
Stephen King, Tout est fatal (Everything’s eventual), 2002
(Ou comment convaincre une innocente endormie de se livrer à la débauche).
Avec dans le rôle de l'ingénue : A.
dans le rôle du dépravé : M. Noir
Elle est allongée innocemment à côté de moi.
Ses paupières sont déjà à moitié closes.
Seul son doux visage émerge, je la vois sombrer doucement.
Laissant vagabonder une main le long de son corps, je veux m’immiscer en elle.
Je m’agenouille, lui susurre quelques doux mots pour la tirer doucement de sa torpeur.
J’endors le dernier bastion de sa résistance en lui promettant de ne pas la toucher et l’embrasse aussitôt, révoquant cette futile promesse.
L’a-t-elle seulement cru un instant ou espérait elle secrètement que je ne la respecte pas ?
Elle s’abandonne.
Ma main se fait aventurière et son souffle s’emporte.
Son corps la trahit.
Elle reste immergée dans sa léthargie.
Je la porte à ma couche, la déshabille, la possède au plus profond de son être et dans un ultime râle, repu, je la laisse s’endormir en flattant une dernière fois cette croupe, objet de tous mes désirs.
[Illustration : Morphée et Iris, Pierre-Narcisse Guérin, 1811]